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Riad traditionnel
8, Derb Bel Bekkar
Zaouiat Lahdar
Marrakech - Maroc
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GSM: +212 661 56 86 61Parmi les "grands" événements, les festivals à caractère culturel, bien sûr, mais il existe aussi dans tout le pays de multiples "moussems" (fêtes agricoles) qui célèbrent notamment les récoltes et permettent d'approcher la réalité du "monde rural".
Le Maroc
« Royaume du Maroc »
Géographie et climat
Avec ses 2.446 kilomètres de côtes atlantiques, jusqu’en Mauritanie, et ses 537 kilomètres de rivages méditerranéens, jusqu’en Algérie, Le Maroc a comme une troisième frontière, avec l’Europe ou plus précisément avec l’Espagne, seulement distante de 14 kilomètres à travers le détroit de Gibraltar.
La capitale administrative est Rabat. Les plus grandes villes du pays sont Casablanca, la « capitale économique », Tanger, Marrakech, Fès, Meknès, Agadir, Oujda, Ouarzazate, Laâyoune.
La superficie du Maroc est d’environ 710 850 km2 (Sahara occidental compris) dont 1/3 est couvert de montagnes. Quatre chaînes montagneuses jalonnent le Maroc : le Rif, le Moyen Atlas, le Haut Atlas et l’Anti Atlas. Le point culminant du Maroc, le Djebel Toubkal, s’élève à 4.167 mètres.
Le paysage marocain est très varié : montagnes, déserts, plaines, forêts, et littoraux offrent des possibilités de développement économique et touristique nombreuses.
En raison de cette diversité géographique, le climat du Maroc est très différent selon les régions : méditerranéen au nord, atlantique à l’ouest et saharien au sud. Seules les régions littorales sont tempérées. En hiver, le climat des régions montagneuses du Sud est souvent froid et humide (neige abondante sur l’Atlas). La moyenne d’ensoleillement est quand même de plus de 8 heures par jour. Dans la moitié septentrionale, le climat connaît une saison sèche (du mois de mai à la fin du mois de septembre) et une période tempérée et humide (début octobre jusqu’à fin avril). A Marrakech et dans la partie sud du pays, les températures peuvent dépasser 45° durant les mois d’été.
Population
La population du Maroc a triplé en cinquante ans, dépassant aujourd’hui les 30 millions d’habitants.
C’est une population jeune, avec près de 60% de personnes de moins de trente ans. Plus de 50% des habitants vivent dans les villes, principalement dans l’axe de Tanger à Casablanca, au terme d’un exode rural en augmentation constante.
La population active est estimée à environ 17 millions de personnes, réparties en 2003 à 40% dans le secteur agricole, 15% dans l’industrie, et 45% dans les services. 35% des emplois sont occupés par des femmes, soit un des plus forts taux de la région. Le taux officiel du chômage est de 7,6% en 2007, vraisemblablement très sous-évalué (le taux de 15 à 20% est souvent mentionné).
L’espérance de vie moyenne a augmenté de 55 ans en 1970 à 72,4 ans en 2007. Pendant la même période, la moyenne des naissances par femme a baissé de façon spectaculaire, de 6,3 % à 2,3 %, tandis que le nombre de décès d’enfants de moins d’un an chutait de 115 à 38 (par millier de naissances vivantes). Il existe toutefois encore une forte disparité entre les campagnes et les villes.
La communauté marocaine à l’étranger, principalement en Europe, est estimée en 2005 à 2,7 millions personnes, soit environ 9% de la population. Celle-ci opère des transferts d’argent vers le Maroc, atteignant près de 7 milliards US$ par an, soit un des montants les plus importants de la balance des paiements du pays, supérieur aux recettes procurées par l’activité du phosphate, proche des recettes touristiques, et très supérieur aux flux de l’aide publique internationale en faveur du développement économique.
Culture
La culture marocaine est extrêmement riche, variée et multiforme. Elle prend ses racines dans une longue Histoire faite de spiritualité forte et d’inventivité scientifique développée qui ont forgée une identité particulière. Les lettres, la musique et la religion du Livre, le Coran, sont incontestablement fondatrices. Les expressions artistiques sont nombreuses.
L’organisation de la famille et de la société est respectueuse des règles établies. Si l’appartenance au monde arabe ne fait pas de doute, la proximité culturelle avec l’Europe et particulièrement avec la France et l’Espagne paraît également évidente. Ainsi, le visiteur peut ne se satisfaire que de la qualité d’accueil de ses hôtes sans forcément devoir entrer dans la complexité culturelle. Dans toute maison marocaine traditionnelle, une pièce spéciale est d’ailleurs réservée pour les visiteurs, hors de la famille et de ses tâches quotidiennes, hors des femmes surtout qui ne doivent pas être vues, au moins d’emblée.
La langue officielle du Maroc est l’arabe mais on y parle aussi le berbère ainsi que l’espagnol surtout au Nord, et assez généralement le français.
La religion de tous les Marocains est l’Islam mais de tout temps d’autres religions, notamment juive, ont cohabité. Les mosquées sont interdites aux non- musulmans mais la voix du Muezzin du haut des minarets, pour l’appel à la prière cinq fois par jour, s’impose à tous. Le Ramadan une fois par an et le pèlerinage à la Mecque au moins une fois dans la vie, si possible, sont les deux événements les plus importants pour tous les Marocains.
Parmi les arts importants, l’architecture et la décoration sont très présentes, dans les mosquées et les palais de style hispano-mauresque (ou andalous) comme dans les impressionnantes kasbah de l’Atlas, construites en terre crue et en pierre, ou comme dans les splendides riad des médina. Les matériaux et les techniques sont multiples : zelliges (pièces de briques émaillées), tadlakt (revêtement de chaux coloré et imperméable), bois de cèdre, fer forgé, plâtre, stuc, cuir… etc. Tous ces métiers se transmettent de générations en générations depuis la nuit des temps : une visite en médina permet de les côtoyer. Sur d’autres registres, la littérature, la musique et la peinture artistique constituent des modes d’expression très développées.
Parmi les traditions courantes, les cérémonies de fêtes sont nombreuses. La plus importante d’entre-elles est incontestablement le mariage qui réunit la famille élargie, les amis, les proches, le village entier parfois. Les fêtes de rue sont également prisées, comme celle, permanente et célèbre, de la place Jamaâ el-Fna à Marrakech, qui réunit conteurs, voyantes et astrologues, danseurs et acrobates, dompteurs de serpents et autres animaux, vendeurs de pharmacopée traditionnelle…etc. En dehors des marchés toujours pittoresques, les fêtes agricoles ou moussem sont très fréquentées : la fête de la rose dans la vallée du Daddès est une des plus connues.
La cuisine marocaine est une des meilleures du monde. Le visiteur ne manquera pas de déguster la harira (potage), les multiples tajines (sorte de ragoût de légumes et de viande ou de poisson), le méchoui, le couscous du vendredi, la pastilla (en plat et dessert), les pâtisseries nombreuses dont la célèbre « corne de gazelle », le tout accompagné de thé à la menthe, d’eau fraîche et parfois de vin marocain (cépages Pinot et Cabernet principalement).
Histoire
Dès l’époque néolithique, des migrations viennent du Nord ou de l’Est. Dans l’Antiquité, le navigateur carthaginois Hannon longe les côtes marocaines vers le début du Vème siècle avant notre ère et y aperçoit des éléphants… Puis, les Phéniciens dominent l’Afrique du Nord pendant dix siècles et fondent Lixus au Nord de Larache. L’or de Guinée transite alors par le Maroc.
La période romaine s’ouvre en 146 avant notre ère et dure quatre siècles, avec l’établissement de trois colonies au sud de Tanger, puis à Ceuta, Tétouan, Arcila, Lixus, Volubilis et Chella (Rabat). Les rois berbères dont le célèbre Juba II (sa tête en bronze a été retrouvée dans des fouilles) sont christianisés sans heurts mais ils conservent, malgré la latinisation, leur langue dont les dialectes sont nombreux (tachelhit, tamazight, zenatya…), apparentés à des parlers du Proche Orient, du Sahara, et de l’Afrique Noire. Des incursions Vandales et Byzantines se succèdent ensuite en Afrique du Nord, par vagues successives, parfois jusqu’à l’Atlantique.
En 684 de notre ère, Musa Ben Nosayr rallie officiellement le Maroc à la dynastie omeyyade de Damas, apportant l’Islam, la langue et la civilisation arabes. Très vite, des contingents berbères sont levés et entraînés à la conquête de l’Espagne qui débute en 709. A la fin du VIIIème siècle, le prince oriental Idriss, gendre et successeur du prophète, s’enfuit de Bagdad, devient le chef spirituel d’une coalition berbère, fonde un royaume à Oualili (Volubilis), et prête le serment coranique de la Beia, pacte liant le Roi à son peuple et le peuple à son Roi. Mais à sa mort, le royaume éclate et une longue période d’affrontements tribaux s’installe.
Avec les Almoravides et Yusuf Ibn Tashfin à leur tête, le pays est plus complètement unifié, Marrakech est fondé en 1062, et de nombreuses conquêtes sont engagées, de Tlemcem, Oran, Alger, et jusqu’au Sénégal et à Saragosse au Nord de l’Espagne. Alors que les Espagnols reprennent l’offensive au XIIème siècle, une seconde vague de Berbères au message islamique austère, les Almohades dirigés par Mohammad Ibn Tumart et son disciple Abd el Moumen, deviennent maîtres du pays en 1147 et, du village de Tinmel aux confins du Haut Atlas, repartent à l’assaut de l’Andalousie. De cette période longue d’une cinquantaine d’années, naît une civilisation raffinée, avec, notamment, la construction de chefs-d’œuvre architecturaux hispano-mauresques. Mais les Almohades n’ont pas réussi la symbiose arabo-berbère et le déclin se confirme avec la perte de l’Espagne, après la défaite de Las Navas de Tolosa (1212) et la grande Reconquista du XIIIème siècle (seule Grenade se maintiendra jusqu’en 1492).
Une tribu zénéte du Maroc oriental, les Mérinides, arrachent finalement le pays aux mains des Almohades et s’emparent de Marrakech en 1269. A la fin du XIIIème siècle, le Maroc est, pour la première fois, constitué dans ses frontières actuelles. C’est alors un pays riche et peuplé, mais menacé sans cesse par des luttes intestines et dévasté par des guerres. En France commence la guerre de cent ans…
Les premières interventions européennes sonnent le glas du brillant moyen âge du Maghreb occidental durant lequel des progrès considérables ont été apportés à l’humanité dans de multiples domaines comme la géographie, l’astrologie, les mathématiques, l’écriture et la fabrication du papier, l’agriculture irriguée, l’architecture, le textile…etc. En quête d’or, d’épices et d’esclaves et cherchant la route des Indes en contournant l’Afrique, les Portugais, avec Henri le Navigateur, s’emparent de Ceuta en 1415, de Tanger en 1471, se rendent maîtres du détroit de Gibraltar, et installent des comptoirs le long de l’Atlantique jusqu’à Agadir. Les raisons économiques sont claires : Lisbonne rivalise avec Venise, l’or de Tombouctou et du Soudan arrive au Maroc.
Pour les dynasties wattisside et saâdienne, il s’agit de défendre leur royaume soumis sans cesse à des confusions, des violences et des tragédies innombrables (huit des onze monarques saâdiens sont assassinés). Le Maroc n’est toutefois pas exsangue et en 1591, après la prise de Tombouctou et de l’empire africain du Songhaï, l’or du Soudan ranime pour un temps l’économie dans la mesure où une puissante classe de marchands marocains s’intercale entre Africains et Européens. Le Maroc conserve ainsi une relative puissance militaire et propage dans les confins africains la religion islamique. Mieux encore, il résiste au Portugal avec la célèbre victoire de Ksar el Kébir en 1578, dite « des trois rois », durant laquelle le jeune roi portugais Sébastien et deux monarques marocains sont tués. En outre, grâce à une alliance avec l’Espagne, il s’épargne la domination ottomane que subiront durant trois siècles la Tunisie et l’Algérie.
A la faveur d’une série de luttes de successions et de guerres civiles, la dynastie alaouite, forte de sa parenté avec le prophète, confisque le pouvoir aux Saâdiens au milieu du XVIIème siècle. Le sultan Moulay al-Rachid, puis Moulay Ismaïl, contemporain de Louis XIV dont il désire épouser la fille, ou Muhammad Ibn Abd Allah, fondateur de Mogador (Essaouira), assurent la légitimité et la pérennité du pouvoir de la dynastie pendant deux siècles, ainsi que l’intégrité du royaume et la modernisation de ses structures.
Mais les grandes puissances européennes, dynamisées par la révolution industrielle, ne tardent pas à mettre en œuvre leurs visées impérialistes. Les Français prennent pied en Algérie en 1830 et établissent le 30 mars 1912, par le traité de Fès, un protectorat au Maroc, aux côtés des Espagnols qui, à partir des « présides » de Ceuta et Melilla, étendent leur influence à l’ensemble du Rif et au Sahara occidental. Tanger est dotée d’un statut de ville internationale. Le protectorat garantit l’intégrité du territoire et la souveraineté nationale à travers le pouvoir symbolique du sultan. Nommé résident général dès 1912, Hubert Lyautey respecte les Marocains et l’Islam. Il obtient l’abdication de Moulay Hafiz, hostile au protectorat, et fait nommer son demi-frère Moulay Yusuf. Lyautey parvient à pacifier le « Maroc utile » mais les Berbères des montagnes et les tribus du Sud entretiennent une guérilla permanente. En 1921, la guerre du Rif est déclenchée et Abd el-Krim inflige une sérieuse défaite aux Espagnols à Anoual. Succédant à Lyautey, le maréchal Pétain prend la tête d’une armée franco-espagnole importante en 1926 et parvient à soumettre les Berbères en 1934. Abd el-Krim est déporté dans l’île de La Réunion.
En 1942, l’idée d’indépendance est activée à partir du débarquement des troupes alliées en Afrique du Nord. Le parti nationaliste de l’Istiqlâl en 1944 puis le sultan Mohammed V lui-même en 1952, réclament ouvertement la fin du protectorat. Le Sultan est déporté à Madagascar. De graves troubles éclatent alors un peu partout dans le pays et la France doit s’incliner. Mohamed V retrouve le pouvoir en 1955 et l’indépendance est proclamée en 1956. Un mois après la France, l’Espagne met fin à son mandat.
Situation politique
Après la mort du Roi Mohamed V en 1961, soit cinq ans après l’indépendance du pays, son fils, Hassan II, règnera sur le Maroc pendant 38 ans. Sa première initiative est de doter le pays d’une constitution sous la forme d’une monarchie constitutionnelle, adoptée lors d’un référendum en 1962 à 80% des votants, consacrant la prépondérance du roi et mettant en place une nouvelle institution, le parlement. S’ouvre alors une période de difficultés politiques qui durera plus de dix ans. Fondateur en 1959 de l’Union nationale des forces populaires (UNFP) qui entre dans l’opposition dès 1963 (en même temps que le parti plus bourgeois Istiqlâl), le très populaire Mehdi Ben Barka est éliminé en France en 1965 dans des conditions mafieuses peu honorables pour la France et le Maroc.
Cette même année, une révolte des Lycéens à Casablanca est durement réprimée et l’Etat d’exception proclamée qui reporte les élections législatives en 1970. Celles-ci donnent des résultats peu crédibles, avec un taux de vote de 90% et seulement 20 sièges sur 240 à une opposition tolérée.
Tandis que la « guerre des sables » est déclarée avec l’Algérie dès 1963 sur la question des frontières communes, le roi Hassan II doit faire face à plusieurs complots militaires à l’intérieur, à Skirat en 1971 et dans son avion en 1972. Luttes de pouvoir, corruption, tractations extérieures, tout se mêle et bientôt se démêle dans une vive répression qui conduit à de nombreuses exécutions de personnalités dont le ministre de l’intérieur, le général Oufkir.
Le roi Hassan II améliore sa popularité par un coup d’éclat nationaliste, lors de « la marche verte » en 1975 qui annexe le Sahara occidental. Mais le pays demeure sous une étroite surveillance et ce n’est qu’à la fin de son règne que le roi entame des réformes plus profondes, avec une démocratisation prudente, une libéralisation graduelle de l’économie et une ouverture plus visible sur le monde extérieur.
A la mort de Hassan II en 1999, son fils aîné Mohammed VI lui succède. Ses premières réformes visent à moderniser le royaume, à permettre une plus grande liberté d’expression, à engager des réformes économiques plus rapidement, et à tenter de grandes réformes sociales telles que le statut de la femme et la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Près de dix années après son accession, le roi peut afficher des progrès significatifs mais peut-il se prévaloir du titre de « roi des pauvres » que la population marocaine lui attribuait au début de son règne ?
Situation économique
Bien qu’il soit un des rares pays arabes à ne pas posséder de ressources pétrolières ou gazières, le Maroc dispose de bons atouts économiques avec des ressources minières importantes, une agriculture qui fait vivre plus de 40% de la population active, une industrie significative et, depuis une quinzaine d’années, le développement d’un secteur des services performant.
Dans le secteur minier, le phosphate occupe une importance majeure puisque le Maroc est, avec une extraction annuelle de 27 millions de tonnes en 2006, le 3ème producteur mondial, derrière la Chine (30,7 millions de tonnes) et les Etats-Unis (30,1 millions de tonnes). Il est le premier exportateur mondial de phosphate brut et d’acide phosphorique (avec respectivement 39% et 45% environ des parts du marché mondial en 2004) et le troisième exportateur mondial d’engrais solides (10% du marché mondial en 2004), principalement à destination de l’Inde. Ses réserves sont sans doute les plus importantes dans le monde, concentrées dans les régions de Khouribga, Benguérir, Youssoufia et Boucraâ-Laâyoune. Un établissement public, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) dispose du monopole de l’extraction, du traitement et de l’exportation des phosphates. Les industries de traitement se situent près des ports de Jorf Lasfar et de Safi.
Le Maroc est, par ailleurs, le 10 ème producteur mondial et 6 ème exportateur de plomb, le 15 ème producteur mondial et le 7 ème exportateur de charbon, et le 10 ème producteur mondial d’argent. Il produit également de l’or, du zinc, du cuivre, du cobalt, du fer, du manganèse…etc.
Dans le secteur de l’agriculture, la production céréalière (blé, orge, maïs) occupe la moitié des terres cultivables. Elle reste dépendante de la pluviométrie malgré les progrès de l’irrigation dans le centre et le sud du pays, variant ainsi du simple au triple (de 30 à 100 millions de quintaux par an) en fonction des conditions climatiques. Elle est produite par un secteur moderne d’exploitation concentré sur la côte atlantique et le centre, et surtout, par de multiples petits producteurs pour leur propres besoins (dans ce cas, elle est associée à l’élevage, principalement de moutons et de chèvres).
Les fruits et légumes sont principalement produits par un secteur moderne performant, avec le recours à l’irrigation, à des techniques de cultures sous serres (tomates, bananes…etc.), et sont valorisés par une industrie agroalimentaire (jus de fruits, confitures …etc.) orientée à l’exportation, principalement vers les pays européens (tomates, agrumes, pomme de terre, aubergines…etc.). Le Maroc est ainsi devenu le 2ème exportateur mondial d’agrumes et d’huile d’olive.
Avec 17 ports, la pêche constitue une autre activité importante, avec une production annuelle de l’ordre de 600.000 tonnes, partiellement valorisée par une industrie de transformation orientée à l’exportation.
Le secteur industriel est dominé par l’industrie chimique dérivée du phosphate. L’industrie textile est également historiquement importante, représentant environ 40% des emplois et 34% du chiffre d’affaires du secteur. Face à la concurrence chinoise, cette industrie s’est orientée vers une production de produits plus sophistiqués à destination principalement des pays européens. L’industrie pharmaceutique est la deuxième en termes de taille et de chiffre d’affaires au niveau du continent africain. Le Maroc assure entre 80% et 90% de ses besoins et exporte une partie de sa production vers de nombreux pays européens et africains. Plus récemment, une industrie de hautes technologies s’est développée dans les secteurs de l’électronique et des techniques de l’information, avec le concours d’un secteur bancaire et financier en forte croissance. Des zones franches sont apparues, notamment à Tanger et Casablanca, où s’implantent des activités délocalisées du proche continent européen, notamment dans les secteurs de la mécanique, l’automobile, l’offshoring, et dernièrement, de l’aéronautique.
Enfin, le secteur tertiaire a connu un bond impressionnant depuis une dizaine d’années. En 2008, Casablanca est devenu la deuxième place financière du continent Africain, représentant 48% des investissements et 60% du PNB du Maroc[]. Casablanca est aussi la troisième place boursière arabe derrière Riad en Arabie et Le Caire, grâce à un afflux record de capitaux en provenance du Moyen Orient. Le tourisme a, par ailleurs, connu un fort développement au cours des cinq dernières années, avec 7,7 millions de touristes en 2006. Les atouts touristiques du Maroc sont inestimables, avec une carte touristique très variée (culturel, balnéaire, écotourisme, sportif, médical, humanitaire….etc.), et des infrastructures en rapide progression. Le Maroc dispose d'un réseau routier d'environ 95.000 km en 2006 de bonne qualité, comprenant notamment un réseau autoroutier entre Tanger à Agadir (via Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès). Le réseau de chemin de fer s'étend sur une longueur de 2.120 km (dont 1.060 km de lignes électrifiées et 1.520 km de lignes à voie unique). Enfin, la circulation aérienne s’est considérablement développée avec le renforcement de la compagnie nationale Royal Air Maroc, l’ouverture du ciel aérien et l’arrivée de nombreuses compagnies étrangères, classiques et low cost, ainsi que la modernisation des aéroports dont 19 aéroports de classe internationale, Casablanca étant le plus important du pays et un des plus grand d'Afrique.
Le Produit intérieur brut (PIB) est estimé à 135 milliards de $ en 2006, formé pour 18% par le secteur agricole, 36% par le secteur industriel et 46% par le secteur tertiaire. Le PIB par habitant a plus que quadruplé en 30 ans, atteignant 4.500 $, inférieur toutefois à celui de pays tels que la Tunisie, l’Afrique du Sud, l’Algérie et le Nigéria (pétrole), mais proche de celui de l’Egypte.
Dans les années 90, le taux de croissance annuel moyen est tombé en dessous de 3 %, en raison de sécheresses récurrentes et du fait de la stagnation de la production industrielle et des exportations. L’application d’une politique macroéconomique prudente a permis d’atteindre un niveau raisonnable de déficits financier et extérieur, d’endiguer l’inflation et de maintenir la stabilité économique. Un redressement significatif s’est ainsi opéré, avec un taux de croissance atteignant 4,6 % en moyenne dans les années 2000, tandis que l’inflation s’est maintenue à des niveaux internationaux. En 2007, l’économie a connu une croissance de 2,3 %, compromise par la faiblesse de la demande des exportations marocaines sur les marchés européens, la flambée des cours mondiaux du pétrole et des produits de base, ainsi qu’une nouvelle série de graves sécheresses. Pour les mêmes raisons, les perspectives de croissance en 2008 sont inférieures de 1,5 point de pourcentage au taux de 6,8 % initialement escompté par le gouvernement. Dans l’ensemble, une croissance faible à modérée se traduit par un faible taux de création d’emplois, notamment dans les zones urbaines où le taux de chômage reste invariablement élevé (15,4 % en 2007). Ce taux de chômage ne pourra diminuer au cours des prochaines années que si l’économie maintient des taux de croissance d’au moins 6 % par an.
Le grand défi auquel est confronté le Maroc est sans doute celui de l’incidence considérable de la pauvreté. Même si le niveau de pauvreté a baissé de 19 % à environ 15 % au cours de la période 1999-2004, ce taux demeure élevé. La pauvreté continue d’être liée à la volatilité de la croissance agricole, elle-même dépendante de la pluviométrie (défavorable dans les années 90, meilleure pendant la période 2001-2004). Elle reste un phénomène généralement rural, plus de 25 % de la population rurale vivant en dessous du seuil de pauvreté, contre 12 % seulement de la population urbaine. Dans les villes, malgré les efforts de relogement déployés par le gouvernement marocain (programme de 100.000 logements par an), les bidonvilles sont encore très nombreux, avec tous les risques de dérapages sociaux et religieux qu’ils représentent.
Situation sociale
De gros progrès ont été accomplis dans les secteurs sociaux mais beaucoup reste encore à faire, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
En dépit des dépenses consacrées à l’éducation (6 % du PIB), le taux d’analphabétisme recule lentement, il est en 2007 de 7% chez les hommes et 15% chez les femmes en milieu urbain, mais de, respectivement, 29% et 69% en milieu rural. Encore 2,5 millions d’enfants — des filles du milieu rural en majorité — ne vont toujours pas à l’école. Pourtant, l’amélioration du taux de scolarisation durant les 30 dernières années est indéniable, passant du niveau extrêmement bas de 47% à 89 % en 2006. Mais on estime que 16 % des écoliers quittent les bancs de l’école avant la cinquième année du primaire, et 10 % seulement atteignent la classe de première. Les étudiants des universités, auxquels il faut huit années en moyenne pour terminer un programme de quatre ans, se retrouvent trop souvent avec des compétences inadaptées au marché du travail.
Le système de santé accuse du retard par rapport à ceux de la plupart des autres pays de la région. Bien que l’espérance de vie ait augmenté à plus de 70 ans et que la couverture vaccinale soit très étendue, nombre d’indicateurs, tels que les taux de mortalité maternelle et infantile, demeurent désespérément élevés. Par ailleurs, dans les zones rurales, l’accès aux services est limité et leur qualité laisse à désirer. Les faiblesses du secteur de la santé sont rendues plus criantes par une couverture d’assurance-maladie qui ne s’étend qu’à 28 % de la population. La récente décision d’étendre la couverture de l’assurance-maladie aux plus démunis et aux populations à faible revenu, devrait améliorer considérablement la situation.
D’ici à l’an 2020, la disponibilité en eau par habitant serait réduite de moitié, compte tenu des niveaux actuels d’utilisation, de l’urbanisation grandissante et du taux de croissance démographique qui s’élève à un peu plus de 1 % par an. Une stratégie nationale doit être en mesure d’établir les répartitions prioritaires, entre les secteurs productifs (l’agriculture irriguée, notamment, qui utilise une grande partie de la ressource) et les secteurs sociaux (consommation humaine, santé). Les écarts d’accès à l’eau potable sont encore grands entre milieu urbain (96%) et milieu rural (63%). Il en est de même pour l’accès à l’électricité, concernant 95% de la population urbaine et 67% de la population rurale.